ROME

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AU COEUR DES EMPIRES ROMAIN ET CHRÉTIEN.


Dans mon esprit,  je m’attendais à ce que, quelque temps après mon ordination, mes supérieurs me transfèrent au monastère de la Réparation, à Montréal, pour que je puisse exercer mon ministère de prêtre auprès des immigrés italiens de cette ville.  J’aurais trouvé cela tout à fait normal, puisque, au moment de mon transfert de la Province de Foggia à celle du Canada en ’54, il avait été question que je puisse être attitré à cette mission, une fois prêtre.  Mes parents aussi devaient espérer une telle nouvelle, eux qui m’avaient tellement manqué depuis 1946.

Mais ce n’est pas comme cela que les choses se passèrent.  Dès l’automne 1958, mon supérieur me convoqua et m’annonça que j’avais été choisi pour aller suivre des cours d’histoire, à l’université Grégorienne de Rome, pour ensuite, au retour,  l ’enseigner  aux
élèves en théologie, à Ottawa.  Voilà ma volonté mise à l’épreuve !   Je me suis rappelé que j’avais fait voeu d’obéissance et je n’ai même pas osé faire savoir que je me serais attendu à tout autre chose; c’était la « volonté de Dieu » et je m’y suis plié.   La déception fut grande pour mes parents qui étaient sûrs que je ne quitterais plus le Canada, et qui étaient ravis chaque fois que je leur rendais une courte visite, quand je venais pour des raisons  de ministère à Montréal.  Rome, le coeur des empires romain et chrétien, m’attendait.

Ainsi, une fin d’après-midi d’été, j’embarquais sur l’Homeric en direction de la vieille Europe.  Et comme j’avais du temps devant moi,  j’ai donc pris le loisir de visiter Paris, Florence et Assise, avant d’arriver à Rome.   Quel cadeau du ciel de pouvoir profiter de la beauté de ces
villes !  Je n’avais qu’à arrêter dans un couvent de Capucins, partout où je passais (c’était une coutume de l’ordre, cette hospitalité) et j’étais toujours reçu à bras ouverts.  Une fois à Rome, je me suis appliqué à mes études, mais j’ai su profiter aussi des richesses que
m’offrait cette ville incomparable.  Jamais dans ma vie je n’ai eu tant de plaisir que dans cette cité!  Elle me sollicitait à tout instant par tout ce qu’elle étalait devant mes yeux affamés de connaissance.

Je crois que j’ai consacré tous mes jeudis et mes dimanches après-midis, à quelques exceptions près, à la visite de la ville.  Parfois,  je me retrouvais dans le centre antique de Rome et je m’attardais sur le Palatin où dans le Forum romain ou encore le Forum de Trajan.  D’autres fois,  je changeais de quartier et je visitais les église baroques très nombreuses.  Certains  après–midis,  je me sentais attiré par des musées et alors j’allais à celui du Capitole ou du Palazzo Doria Panfili ou encore voir le petit bijou de la  Villa Borghese.
Je passais ainsi de l’Antiquité au Moyen Âge, du Moyen Âge à la Renaissance, de la Renaissance au baroque, du baroque au  moderne, du moderne au contemporain.  Rome a tout gardé!  Et moi,  j’étais tout simplement insatiable…  Combien de temples j’ai aussi visités !  Je ne parle pas seulement des grandes basiliques comme Santa Maria Maggiore, San Paolo fuori le mura, San Giovanni in Laterano, San Pietro, mais d’autres petits bijoux d’architecture comme  Santa Maria in Aracoeli, Saint-Louis-des-Français, il Gesù, Santa Cecilia in Trastevere.

Chaque monument me racontait son histoire, me montrait ses trésors architecturaux et sculpturaux.   J’étais venu à Rome pour étudier l’histoire et Rome l’étalait sous mes yeux dans chaque rue, sur chaque mur, sur chaque monument, dans chaque temple ou dans chaque église.  Je me souviendrai toujours de deux visites que je fis dans les tragédie des premiers chrétiens et des martyrs du christianisme, obligés à vivre dans l’ombre pour pouvoir exprimer leur foi.  Il va sans dire que mes visites au Vatican  furent très fréquentes aussi, soit  pour assister aux cérémonies religieuses toujours d’une grande solennité, soit pour visiter ses musées, ou encore pour  admirer la Chapelle Sixtine ou les Chambres de Raffaello.
S’il y a une période de ma vie d’étudiant dont le souvenir restera impérissable, à cause de sa richesse, et bien, c’est cette période, trop courte, passée dans la Ville Éternelle.