À LA RECHERCHE DES INDIENS

À LA RECHERCHE DES INDIENS.

 
Pour compléter cette intégration, je profitais aussi de la sortie du jeudi après-midi, au cours de laquelle, accompagné d’un confrère, je me rendais à un musée, à une bibliothèque, ou tout simplement  dans la nature ontarienne. Imaginez-vous que je me suis même permis de réaliser un rêve.
Depuis ma jeunesse,  j’avais entendu parler des Indiens du Canada, surtout en lisant des « fumetti » (bandes  dessinées), et de leur manière de vivre.  Un jeudi d’automne, nous avons décidé de faire du pouce (chose courante à cette époque) pour nous rendre à un village appelé Maniwaki, à quelques centaines de kilomètres de la ville d’Ottawa. 

L’après-midi était splendide!  Nous avons longé d’abord, pendant un certain temps, la rivière des Outaouais, gonflée de bois  flottant, ensuite nous avons pénétré dans la forêt
laurentienne qui m’étonnait sans arrêt par ses couleurs flamboyantes.  Le village de Maniwaki était comme une tache blanche au milieu d’une forêt immense.   Une petite église dominait les maisonnettes du village qu’on aurait dit un village fantôme.  Je cherchais les Indiens, avec leurs costumes, leurs plumes et leur « long house », mais rien de tout cela.  En parcourant le village, j’ai pu voir les maisonnettes habitées par les  Indiens, simples et plutôt délabrées.  J’étais déçu de voir comment vivait cette tribu.

 Plus tard, quand je pris connaissance de l’histoire du Canada, j’ai compris comment ces peuples fondateurs du pays avaient été humiliés et abandonnés par les gouvernements. La seule consolation, cet après-midi-là, fut de savoir qu’ils avaient été convertis au catholicisme.