L'ALASKA

La spectaculaire Akaska!

 On dit souvent : « Il faut le voir pour y croire! »  Le dicton est vrai pour la beauté de ce territoire  immense qu’est l’Alaska.
Nous avons choisi de faire ce voyage avec « Celebrity Cruise » qui nous offrait plusieurs programmes dont nous avons choisi le suivant :

Vancouver -----Anchorage :

Juin  7  Vancouver, B.C.
Juin  8  Navigation dans le Passage Intérieur.
Juin  9  Ketchikan, Alaska.
Juin 10  Skagway, Alaska.
Juin 11  Juneau, Alaska.
Juin  12  Navigation aux abords du glacier Hubbard.
Juin 13  Valdez, Alaska.
Juin 13  Navigation dans le Collège Fjord.
Juin 14  Seward, Alaska
Juin  14   Anchorage-Vancouver.

Les premiers Alaskiens :

C’est au moment des glaciations du Pleistocène, au moment  où il s’est formé un pont de terre, que  ces derniers ont pénétré, en vagues successives, sur le continent.  Nous connaissons ces groupes que nous identifions aujourd’hui du nom
de Tlingits, Athapascans, Eskimos et Aléoutes.  Les premiers se sont appropriés la majeure partie du sud-est de l’Alaska;  les deuxièmes ont occupé les territoires intérieurs, en grandepartie sur le territoire drainé par le fleuve Yukon et ses affluents; les Eskimos, eux, ont occupé les zones occidentales  et septentrionales  de l’Alaska; et finalement, les Aléoutes se sont installés le long des îles aléoutiennes. Ces groupes sont encore présents aujourd’hui sur le  territoire.  Ils essaient de réanimer leurs cultures tout en faisant partie de l’état moderne que devient l’Alaska. On recense en fait sur le territoire 90.000 aborigènes, dont la moitié sont des Eskimos.  Les premiers blancs  qui arrivèrent sur le territoire furent les Russes, grâce à Vitus Bering  (1641-1741), Danois au service de la marine impériale russe.  Les militaires russes jouèrent un rôle néfaste sur les populations
locales; ils en tuèrent un grand  nombre par les armes et les épidémies dues à leur présence.

Les Américains arrivèrent en Alaska beaucoup plus tard  (1799 : première compagnie  russo - américaine).  Ils commencèrent à s’y installer pour de bon après l’achat de l’Alaska par un  visionnaire, William H. Seaward (1867), qui l’acheta pour son pays pour la somme dérisoire de  7.2 millions de dollars. Aujourd’hui, les Américains ont en main le plus grand état de l’union.  Ses richesses en matières   premières sont incalculables; le pétrole à lui seul constitue une réserve de 9 milliards de barils, ce qui  classe les USA tout de suite après l’Arabie Saoudite pour les richesses pétrolières. En attendant que l’état se peuple (actuellement à peine 374.000 habitants, dont 170.000 à Anchorage),  les Américains l’exploitent à fond par le tourisme.  Un nombre incalculable de bateaux croisent dans les eaux de l’Alaska entre mai et septembre.

Notre voyage.

7 juin : 17.45 :  Le Summit décolle du quai de la Place des Nations, ponctuel comme un train Suisse, pour se diriger vers le passage intérieur.  Nous admirons la ville avec sa couronne de montagnes magnifiques; nous photographions le Lions’ Bridge et regagnons notre chambre. Nous avons été pris en charge entièrement, en rentrant sur le bateau.  Et dans la chambre, nous  attend notre premier journal quotidien (The Summit Daily  sera chaque soir sur notre lit, en langue française!) qui nous fait connaître les membres de l’équipage, les lieux, les services ,  la sécurité, les excursions et la manière de se les procurer,
etc. etc. .. Rien, absolument rien,   n’est laissé au hasard.

 8 juin :  Le Passage Intérieur.

De très bonne heure, je suis monté le pont, au 11ème niveau.  Des passagers y pratiquent le jogging, la piste étant longue de 300 mètres, tandis que moi,  je m’émerveille devant la beauté de la nature : l’océan et les îles montagneuses dont j’ignore les noms.Nous sommes dans le passage intérieur sur lequel nous naviguerons toute la journée et les jours qui  suivront.   Ce lieu magique, découvert par le capitaine Vancouver il y a 200 ans, s’étend sur 1600 km.   C’est le recul d’immenses glaciers de la dernière période glaciaire  couvrant le sud de   l’Alaska et  de la Colombie Britannique qui donna naissance à cette mer intérieure.  Les eaux  vertes du Pacifique  entrèrent par le nord en recouvrant les espaces libérés par les glaces.  Protégé par les îles en pleine mer et tempéré par le Kuroshio (courant chaud japonnais)  l’immense dédale de chenaux, de baies calmes , d’îles superbement boisées, invite les passagers à rester sur les ponts toute la journée. Tout au long de la semaine, le Passage
nous montrera des chutes vertigineuses à flanc de montagne, des îles peuplées d’ours et de loups, des phoques se reposant  au soleil ou jouant dans les eaux froides, des glaciers en perpétuel mouvement depuis des millénaires, des baleines en pleine migration.  Il est presque 17 heures et nous venons de passer l’île de Triple Island  où des pilotes américains viennent remplacer sur notre navire les pilotes canadiens pour continuer le périple vers le nord.   Vers les 19 heures, les rayons du soleil s’éclatent sur les vitres des petits édifices de la dernière ville canadienne sur la côte, Prince-Rupert. 

9 juin : Ketchikan.
Avant 7 heures ce matin, je suis encore sur le pont.  J’ai l’intention  d’être là chaque matin pour voir s’approcher les lieux de notre prochaine escale.  La ville au loin est encore endormie, nichée entre la montagne et la mer.   Les Tlingits l’ont appelée  Ketchikan, qui veut dire «  Les ailes  fracassantes de l’Aigle ».  En fait, elle s’étale en prenant la forme exacte d’un aigle en vol.  Ketchikan  est la ville la plus au sud de l’Alaska.  Elle est reliée au reste du pays par la seule voie maritime.  Nous craignions des averses à cet endroit considéré comme le lieu recevant le plus de pluie sur cette côte, mais nous fûmes épargnés; le soleil resplendissait et il nous a accompagnés tout au long de notre excursion, à Saxmann Village.  Vers les dix heures, nous avons été accueillis chaleureusement par les Tlingit.  Avec une grande spontanéité, habillés de leurs costumes traditionnels, accompagnés de tambours, ils nous ont chanté et mimé une vielle légende Tlingit.  Pendant une quinzaine de minutes, nous avons vibré avec eux. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’ils avaient été les maîtres d’un immense territoire et qu’aujourd’hui ils essaient de faire revivre leurs traditions et d’obtenir le statut de citoyens à part entière.

 10 juin : Skagway.
 Skagway : « Terre du Vent du Nord !»  Oui, il y en avait du vent dans cette petite ville, à notre  arrivée et pendant toute la journée!  Nous nous étions préparés à l’avance pour faire à cet endroit un pèlerinage,celui de la White Pass.   Ces mots doivent vous dire quelque chose.  En effet, c’est  ici qu’en 1896 souffla la rumeur de la présence d’or au Yukon.  En moins de deux ans, des dizaines de milliers de prospecteurs affrontèrent ces rudes montagnes pour se rendre vers les  mines d’or
du Yukon. Les gens, en file indienne, parcoururent 900 km pour rejoindre le Klondike. Des milliers d ’entre eux y perdirent la vie, ainsi que leur peu de biens et leurs chevaux. Notre pèlerinage a été plus agréable.  Nous avons emprunté un train d’époque (1898), remis en état  pour des fins touristiques et sommes montés jusqu’à 2000 mètres, à la frontière du  Yukon. Quel parcours époustouflant à même les montagnes escarpées!  Il ne faut pas avoir le vertige pour jouir du spectacle!  Bien sûr, nous aurions voulu avoir un peu plus de temps pour explorer une ville qui possède beaucoup de vestiges de l’époque de la ruée vers l’or; mais au moins, nous avons satisfait notre rêve.  Et surprise!, C ’était la période de floraison des lila .

11juin : Juneau.

Juneau est la capitale politique de l’Alaska.  C’est elle qui a fait rêver le plus les Américains de l’époque.  Pendant les années 1880, l’or y fut si abondant que beaucoup d’Américains finirent par se convaincre que Seaward  avait fait une excellente affaire en achetant l’Alaska aux Russes.  Aujourd’hui, Juneau vit surtout grâce à la présence du gouvernement et des pêcheries.
Ayant plus de temps à notre disposition, nous sommes allés voir les baleines  à quelques kilomètres de la ville et, l’après-midi, nous avons visité le musée d’ethnologie qui nous a enchantés.  Pour avoir une idée globale de la culture des peuples qui ont habité l’Alaska,  il faut visiter ce musée.  C’est ici que l’on comprend leur environnement, leurs moeurs, et leur culture.

 12 juin :  Glacier Hubbard.

Aujourd’hui, nous ne descendrons pas à terre, mais le clou de la journée sera  le glacier Hubbard. Je monte sur le 11ème pont comme tous les matins et je m’aperçois que l’horizon est plus vaste  que d’habitude et la température, littéralement plus froide.  Nous nous dirigeons tout droit  vers le fond d’une vaste et profonde baie où j’aperçois une chaîne de montagnes enneigées.
Le glacier Hubbard est a survécu à la dernière « mini époque glaciaire ».  Ce colosse s’étend sur près de 150 km depuis le
centre du St-Elias National Park, jusqu’à la  pointe de Yakutat Bay.  Il avance lentement jusqu’au bord de l’océan sur une largeur de 10 km et une hauteur  de 90 mètres.   Après 9h.30, nous nous apercevons que les rivages rétrécissent   progressivement, bien que  nous ayons encore deux heures avant que le Summit  ne vienne s’installer  devant le glacier.  Les passagers se font de plus en plus nombreux sur les ponts et en particulier sur le onzième.  Nous revêtons à notre tour des
vêtements d’hiver et nous  admirons le paysage.  L’océan  se couvre de plus en plus de glaces flottantes,  parmi lesquelles
les phoques  semblent  jouer à cache-cache  avec d’autres congénères,   tandis que l’ours noir fait ses provisions sur le bord
d’une crique poissonneuse et que des oiseaux marins, cormorans ou mouettes, plongent et replongent dans les eaux glacées à la recherche de poissons, très abondants dans ces lieux.  Pendant que nous savourons un bon café chaud arrosé abondamment
de Cognac et de Tia Maria, nous avons de la difficulté à détacher nos yeux de la beauté unique des lieux.  Vers les 15 heures, le spectacle est déjà terminé; le Summit se dirige vers Valdez à 253 milles marins devant nous.

 13 juin : Valdez et College Fjord.

Cette petite ville d’Alaska porte le nom d’un explorateur espagnol qui a découvert l’endroit en l’an 1798.  Elle fut, à partir de 1898, le point de départ des chercheurs d’or se dirigeant vers Fairbanks, ce qui lui permit une certaine prospérité.  Nous avons fait un tour dans la petite localité qui en réalité a peu de choses à offrir.  Elle respire la modernité, car à la suite du  tremblement de terre du 27 mars 1964 (8.5 sur l’échelle de Richter), l’ancienne Valdez fut totalement emportée par  un  raz-de-marée; les habitants l’ont reconstruite six km plus loin, en un lieu sûr.  Ce qui fait aujourd’hui la célébrité de cette petite ville, c’est qu’elle
est devenue le port de mer le plus important du pétrole alaskien de l’Arctique.  Sur 1300 km, un pipeline qui traverse trois chaînes de montagnes, amène à bon port l’or noir du grand nord.  Le port étant praticable à  l’année longue permet aux pétroliers de venir faire le plein avant de repartir vers les lointains états du sud.  Mais l’après-midi devait finir par un spectacle impressionnant. Entre 16 et 19 heures, nous avons navigué dans un fjord aboutissant au milieu de nombreux glaciers, les 26 glaciers du College Fjord.  Chacun porte le nom d’un collège américain de l’est des États-Unis.   C’est inimaginable de voir  toute cette glace déboucher sur la mer et surtout impressionnant , puisque  nous pouvions observer ces glaciers à quelques centaines de mètres du navire.

 14 juin : Seward - Anchorage.

 C’est ici que s ’est achevé notre voyage.  Le matin du 14, nous avons abandonné à regret le navire  pour un voyage en autobus, entre Seward et Anchorage.  Cela nous a permis d’observer de près les forêts, les lacs, les rivières et surtout admirer ces montagnes qui en Alaska ne nous quittent jamais.  Notre mémoire commençait déjà  à nous renvoyer mille images.  Nous venions en fait  de vivre  une expérience que je définirais de grandiose, à l’image du pays lui-même.