LES CATÉCHISTES

FORMATION DES CATÉCHISTES.

Comme nous l’avons vu plus haut, une communauté chrétienne, on ne la bâtit pas tout seul. Ça prend des hommes et des femmes qui veulent s’impliquer  et qui prennent à coeur cette cause.  C’est pour cela qu’à partir du début, en faisant les visites des villages, j’essayais de découvrir les personnes susceptibles de s’y intéresser,  ayant la capacité de communiquer,
mais qu’en même temps elles soient bien vues dans leur milieu. 
Déjà, à la fin de la première année,  j’avais recruté une dizaine d’hommes qui se portèrent volontaires pour prendre les premières leçons de catéchèse.  Pendant les deux premières années, ils partaient de leurs villages en faisant des kilomètres à pied et venaient prendre des leçons pendant deux jours à la mission.  Vers le début de la troisième année, j’en avais
recruté une trentaine.  On arrivait au moment où la formation devenait alors plus approfondie et plus longue.

Je mis donc à exécution le plan qui mijotais dans mon esprit depuis quelque temps.  J’ai invité tous les catéchètes à venir habiter à la mission avec leur familles pour une période d’un an.  Ils acceptèrent.  En peu de temps, nous avons construit des cases pour chaque famille; nous avons bâti des greniers que nous avons remplis de céréales, grâce toujours à l’aide qui arrivait du Québec, et ensemble nous nous sommes donné un programme de formation valable pour l’enseignement de la catéchèse dans chacun des villages.  Des chefs du groupes et moi-même, nous leur avons appris à lire et écrire le marba et le français, assez pour qu’ils puissent lire les textes bibliques que j’avais entrepris de traduire et surtout,  je me suis assuré qu’il reçoivent une bonne formation biblique. 

Quelle belle expérience!  Et quelle belle atmosphère dans le groupe!  Tous, ils apprenaient avec un sérieux et une ambition incroyables!  Ils n’hésitaient pas, en plus de mettre leurs énergies au profit des autres, à aider les plus faibles du groupe, à prêter main-forte à 
la fabrication et à la réparation des cases, à participer aux  travaux des champs, de sorte qu’ils réussirent à créer un très bel esprit de groupe.  Je considère aujourd’hui que la formation des catéchistes fut ma plus belle réussite de missionnaire au Tchad.