1ère EXPÉRIENCE DE TRAVAIL

MA PREMIÈRE EXPÉRIENCE DE TRAVAIL.experiencedetravail.html

Mes démarches ne tardèrent pas à donner un premier résultat.  On m’offrait un travail de six mois, patronné par le Gouvernement du Canada, et mis sur pied expressément pour les chômeurs (Canada au Travail).  Ce n’était pas la mer à boire; mais cela me convenait très bien.  Les bénéficiaires du programme étaient les handicapés de la ville de Montréal. Cela aussi me convenait.

 Comme vous le savez peut-être, dans les années 1970,  les lois sociales étaient loin de s’occuper de tous les défavorisés.  Et la minorité des handicapés physiques souvent,  auparavant, gardés en institutions ou pris en charge par celles-ci, était grandement défavorisée.   Par exemple, on refusait du travail aux handicapés.  Et même si certains handicapés avaient des diplômes universitaires, ils n’étaient pas considérés comme pouvant être productifs en société.  Souvent, les compagnies de services ou les industries de production appuyaient leur refus de les embaucher tout simplement sur le fait que ces handicapés n’étaient pas en mesure de franchir les barrières donnant accès au travail.   Ils n’avaient pas droit non plus à de l’aide pour pouvoir se déplacer et ils étaient confinés chez eux ou  tributaires de leur famille et de leurs amis.

L’objectif spécifique du programme était justement d’aller convaincre les employeurs d’investir dans les lieux d’accès, afin de permettre aux handicapés de parvenir aux lieux de travail.  J’étais, avec une dizaine d’autres, parmi les pionniers dans cette démarche.  Je m’étais vite convaincu de l’importance de la cause et donc, pendant six mois, j’ai mis en oeuvre tous mes talents pour persuader les employeurs de faire preuve de sens social et économique.  J’ai retiré les premiers avantages de ce premier emploi.  Il m’a permis de prendre conscience des problématiques auxquelles faisaient face les handicapés dans la société québécoise. J’ai compris que, par la force des choses, ils étaient tout en bas des classes sociales, que l’aide financière que leur donnait l’état suffisait à peine à les nourrir, et surtout qu’ils étaient dévalorisés, se sentant inutiles à la société.  Sur le plan personnel, ce travail m’a permis de faire mes premières armes dans la communication avec les employeurs et aussi de partager mes idées et mes expériences avec les camarades de travail.