AMÉRIQUE DU SUD

Les gens du Molise étaient attirés vers les Amériques depuis une cinquantaine d’années.  C’étaient des agriculteurs, des hommes de métiers,  des commerçants, réussissant à peine à
survivre  dans une région très pauvre, abandonnée par les gouvernements depuis des siècles, et exploitée par le régime  féodal.

Alors, vous pouvez imaginer à quoi pouvait penser un homme qui n’avait rien dans la vie, absolument rien, sinon la force de ses bras, un grand amour pour sa femme et la volonté de réussir !  Émigrer, partir, chercher son pain quotidien ailleurs! 

Ce jeune amoureux devait avoir  le coeur brisé quand il décida d’abandonner sa jeune épouse et partir en Argentine, avec l’espoir que sa femme puisse le rejoindre un jour.   La bonne volonté et le courage ne suffirent pas pour permettre à mon père de réaliser les rêves qu’il avait faits pour lui et sa famille.  Il n’était peut-être pas suffisamment  préparé pour ce défi.
De plus,  l’économie argentine qui recevait des immigrants de tous les pays d’Europe par centaines de milliers après la première  guerre mondiale, ne favorisait pas nécessairement le succès dans un pays désorganisé à ce moment-là.  Ce séjour d’une durée de huit ans dans ce jeune pays, fut très décevant pour mon père, car il put à peine se suffire à lui-même.
En 1928, il retourna auprès de son épouse, les mains vides.  C’est une autre page de son histoire qui s’ouvre à ce moment.