LETTRE À MON FILS

1975-1979 : Cher fils, à partir du moment où tu es arrivé parmi nous, je me suis oublié moi-même et tu as pris beaucoup de place dans mon coeur.  Ta seule présence me donnait de la joie, donc je n ’hésitais pas à passer tous les moments que je pouvais avec toi.  Les premiers temps, j’ai répondu à tes besoins élémentaires, mais j’ai pris surtout un plaisir énorme à suivre l’éveil de ton intelligence.  Je dis plaisir, car il n ’y avait rien de plus plaisant pour moi que te voir réagir à mes
sollicitations et à mes stimulations; j’étais récompensé instantanément par tes réactions intelligentes.  Que d’heures passées avec toi à nous amuser avec de la plasticine et des legos!  Que de temps passé dans les livres illustrés!  Que de temps à te raconter de fabuleuses histoires avant ton sommeil du soir!  Quand je finissais mon histoire, tu me disais avec insistance : « Encore!  Encore!».

Du reste,  pour stimuler davantage ton intelligence, nous n’avons pas hésité  à te mettre en contact avec l’environnement.  Tout petit, tu as fait tous les voyages avec nous, sur la côte nord, au lac Champlain, à Granby, à Hemmingford et partout tu te gavais des beautés de la nature.    Et quand nous avons commencé à faire du camping ( La Gaspésie, les Laurentides, le Maine ), tu as adoré explorer encore plus, au point que les plages, les bois, les animaux t’ont marqué en permanence et aujourd’hui tu éprouves un grand plaisir à te retrouver dans la nature.

Te souviens-tu de la complicité que nous avions développée entre nous deux?  Moi oui; mais tu dois te souvenir, toi aussi, de plusieurs de ces balades, de ces randonnées, et de ces petits plaisirs que nous avions ensemble .  Ces plaisirs, rien ne pourra les effacer.